Amigos

Les pages de ce site s'inscrivent dans un réseau tissé du meilleur fil, celui de l'amitié; elles se nourrissent de rencontres faites à Cuba et plus particulièrement à Santiago de Cuba.



Les chanson d'Emilio Cavahilon
Los Amigos avec José Pinatel

 

Les couleurs de Lincoln Camué
Le sourire du peintre

Altica Sanchez
Une voix pour le Feeling

 

Pepin Vaillant
Les Aventures du Diamant noir

Hermosa Cubana
Une chanson, une femme

 

El Manicero par Classison
Cacahučtes symphoniques

Luz d'Oriente
Le chant des étoiles

 

 



Cuba

A Cuba la solitude est un exercice difficile. L'incertitude des lendemains attise sans doute chez l'habitant une disponibilité étonnante aux hasards du jour, elle le met d'ailleurs très régulièrement en retard, mais un naturel facilement volubile l'invite à prendre en tout son temps. Au fil d'incessantes rencontres on a tôt fait de reconnaître quelques  constantes du  sentiment  cubain  faites  de fantaisie, d'exubérance ou d'élégance. Pour qui vient d'un pays rangé qui cultive l'ordre, le sérieux, la précision, toutes vertus éminemment respectables qui s'accompagnent généralement de prudence et de retenue, cette spontanéité rafraîchit l'âme. Ces danses magnifiquement sensuelles embrayées sur deux accords, ces fêtes lancées en un clin d'oeil, ce génie de l'improvisation et du bricolage m'ont vite séduit. Un culot phénoménal, les fréquentes affabulations destinées à enjoliver la vie, le sourire généreux, l'émotion à fleur de peau ont fini de me conquérir.



Santiago

Une ville et sa région séculairement cosmopolites, bâties sur la rencontre de plusieurs cultures, une ville rebelle, au climat plus sec et au tempérament plus chaleureux, Santiago entretient avec La Havane des rapports assez semblables à ceux qui lient Marseille à Paris. Fortes d'une identité affirmée, fières d'un passé prestigieux et d'une vitalité toujours renouvelée, les deux cités portuaires s'en montrent volontiers jalouses face aux prétentions de leurs capitales. A un bon millier de kilomètres de La Havane, à l'autre bout de l'île, Santiago et l'Oriente, sa vaste province, sont ouvertes à tous les vents des Caraïbes; de Colomb à Castro, ils sont tous arrivés par là. Au gré des convulsions qui déchirèrent Haïti plusieurs vagues de proscrits y trouvèrent refuge. La première formée de colons français chassés par Toussaint Louverture y planta le café sur les hauteurs, les suivantes y renforcèrent l'empire des tambours et des esprits. Accueillantes donc, les patronymes du coin en portent les traces nombreuses, et surtout fertiles, le son y est né de la première rencontre des harmonies hispaniques et des rythmes africains. On en déclina même une version à base de menuets et de rigodons, la tumba francese. L'héritage de ces aventures, c'est un esprit où domine la curiosité, l'enthousiasme, l'inventivité et qu'il me plaît de retrouver. Ajoutez-y la douceur du jour et l'aménité des gens, vous aurez compris que j'en fait l'un de mes séjours favoris.

Pierre Henry


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