Santiago
Une ville et sa région séculairement cosmopolites, bâties sur la rencontre de
plusieurs cultures, une ville rebelle, au climat plus sec et au tempérament plus chaleureux, Santiago entretient avec La Havane des rapports assez semblables à ceux qui lient Marseille
à Paris. Fortes d'une identité affirmée, fières d'un passé prestigieux et d'une vitalité toujours renouvelée, les deux cités portuaires s'en
montrent volontiers jalouses face aux prétentions de leurs capitales. A un bon millier de kilomètres de La Havane, à l'autre bout de l'île, Santiago et l'Oriente, sa vaste
province, sont ouvertes à tous les vents des Caraïbes; de Colomb à Castro, ils sont tous arrivés par là. Au gré des convulsions qui déchirèrent
Haïti plusieurs vagues de proscrits y trouvèrent refuge. La première formée de colons français chassés par Toussaint Louverture y planta le café sur les
hauteurs, les suivantes y renforcèrent l'empire des tambours et des esprits. Accueillantes donc, les patronymes du coin en portent les traces nombreuses, et surtout fertiles, le son y est
né de la première rencontre des harmonies hispaniques et des rythmes africains. On en déclina même une version à base de menuets et de rigodons, la tumba francese.
L'héritage de ces aventures, c'est un esprit où domine la curiosité, l'enthousiasme, l'inventivité et qu'il me plaît de retrouver. Ajoutez-y la douceur du jour et
l'aménité des gens, vous aurez compris que j'en fait l'un de mes séjours favoris.
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