Les couleurs de Lincoln Camué

Le sourire du peintre






Un sourire jubilatoire court le plus souvent au coin du regard de Monsieur Lincoln Camué, c'est gourmandise, Monsieur Camué se gave de nuances. Il s'adonne présentement à une série de petits portraits qui conjuguent drôlement la figure du voisin et le hiératisme des idoles. C'est prétexte à laisser varier sans fin les reflets sur les peaux noires des couleurs brutales des pays chauds, ces couleurs qui ont enivré Gauguin et Van Gogh. Elles ont inspiré  les  arts de l'Afrique,  des Mayas ou des Espagnols qui s'accordent à l'exubérance bariolée des fruits et des fleurs sous un soleil cru. Elles font la joie quotidienne d'un Camué scrutant sur le visage de son prochain leurs rencontres qu'il célèbre par de flamboyants tableaux. Minutieusement accrochés aux murs de l'atelier, ils organisent leurs éclats en suites méditées qu'il serait à mon goût regrettable de voir éparpiller.



Le trait sur de l'ancien peintre en lettre aime à tisser des arabesques dans les feuillages ou les chevelures. Il en naît des oiseaux, des étoiles, un œil, la lune. Un jardin s'enroule dans un tourbillon de tresses, un poisson scintille dans le buisson. Dans le sourire de Camué on discernera ceux d'un poète volontiers lyrique et celui du sage bienveillant et courtois. A ce dernier titre il participe régulièrement à l'académie de plein air des philosophes péripatéticiens du parque Cespedes que fréquente un autre ami très cher, Monsieur Roberto Pascual, un autre sage.







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