Les chanson d'Emilio CavahilonLos Amigos avec José Pinatel |
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Une rencontreA Santiago je prends volontiers le premier mojito de la soirée dans un bar tranquille, le Matamoros du nom d'une gloire locale de la chanson. A la fenêtre une trompette joue la fille d'Ipanema, une bossa nova. Intrigué, j'aperçois José, la face hilare sous son chapeau melon, il fait ça avec les lèvres. Invité à ma table, il s'y installe avec son complice Emilio, un costaud proéminent à Stenson et lunettes noires. Ils me régalent d'un répertoire qui embrasse le vaste horizon latino de la cumbia colombienne au merengue de St-Domingue, poussant jusqu'à des sambas endiablées. Ils attaquent a cappella, l'exhibition intempestive de la guitare les ferait chasser comme les mendiants. José déploie toute une panoplie de percussions rien qu'avec la bouche. Emilio nous entraîne vers un banc public histoire d'empoigner ses six cordes à son aise. C'était parti pour une virée d'une dizaine de jours avec le duo Los Amigos à chanter ou à danser, à partager les rires et les rêves, sur les places, chez les amis. A Cuba la musique populaire est une culture singulièrement vivace. Chacun sait des dizaines de chansons, refrains et couplets. Les passants s'arrêtent, entrent dans la ronde, reprennent en chœur et souvent s'invitent à pousser la leur. Au long de cette joyeuse vadrouille j'ai découvert en la personne d'Emilio, un auteur, son monde fraternel, le style gai, le regard gourmand, un auteur prolifique et une oeuvre dont l'écho persistait par de fragiles témoignages et pour les plus récents sur des cassettes d'anthologies pirates fabriquées en Colombie ou au Venezuela, il n'en existait pas au format CD. Je me suis simplement promis de redonner leurs chances à des mélodies fringantes et une poésie souriante. |
Emilio Cavahilon
L'Oriente, c'est sa région natale, il est de Guantanamo, son père y était guitariste et luthier. Très vite il l'accompagne dans les fêtes et les mariages pour faire danser la compagnie. Puis c'est un adolescent joliment découplé et plutôt dégourdi qui pousse son manche et ses ritournelles dans les bars qui pullulent alors aux portes de la base américaine. Mille et une chansons plus tard, la soixantaine venant, la guitare en bandoulière, il promène sa musique dans les rues de Santiago et parfois en grand apparat. La ville est le siège du plus fou, du plus chaud, du plus grand Carnaval des Caraïbes, à huit reprises il en a écrit la rengaine. Lesté d'une solide sagesse rabelaisienne, il consacre son énergie aux choses vraiment importantes comme le plaisir, la fête ou l'amitié, chanter les réunit. |
José Pinatel
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